Pour ce qui concerne ma carriole, je concède, elle n'est vraiment pas ma priorité. J'ai donc bien du mal à m'occuper d'elle.

Je ne lui accorde pas tellement de faveurs, à part lui donner un peu à manger, lui faire une grande toilette intérieure, extérieure et .. (on ne rigole pas) du moteur ou plutot de ce qui est sous le capot coté moteur, cela une fois par an après l'hiver et le sel sur les routes.

Alors pour  les vidanges, révisions, contrôles techniques, il ne faut pas du tout compter sur moi.

Elle a par contre les faveurs de L'Homme qui, lui au moins, sait s'en occuper et la bichonner quand il le faut.

vignetteIl avait même la délicatesse de m'acheter la vignette, vous savez celle qui était pour les vieux mais dont ils ne devaient pas en voir le quart de la moitié de la couleur.

La vignette dans le sac j'étais tranquille. C'était sans compter sur la perspicacité de deux policiers arrêtés à un feu rouge qui passait au vert quand le mien, du coup, devenait rouge. .

Des flics! Je les regarde banalement et que vois-je? Subitement après un bref  conciliabule ma petite carriole est l'objet de leur curiosité. Où ça se corse , c'est  quand je vois le type de regard qu'ils envoyaient en ma direction. 

Je me suis instantanément transformée en meurtrière. Effectivement ils auraient remarquée la voiture d'un truand sans état d'âme qu'ils n'auraient pas agi autrement. Ils passent devant moi à toute vitesse et au moment où je démarrais à mon feu devenu vert, ils sont déjà à ma hauteur et me disent "suivez nous" d'un ton sec voire agressif.  En pleine ville, sans gêner la circulation, le stationnement n'est pas évident.

- Où allez vous?

- Travailler?

- Où ?

- A l'hôpital?

Je les suis très intriguée. Ils s'arrètent devant la sortie du samu.

- Arrêtez vous là

Ils ne savent pas à qui ils ont affaire: ils ne vont pas me faire faire quelque chose contraire à mon devoir.

- Non, je gênerais la sortie des ambulances du samu

Tiens donc la nenette les met dans de bonnes dispositions!!

- Bon,  passez devant nous. J'obtempère ... c'est un mot qu'ils aiment bien

Je reste dans ma carriole , attends qu'ils veuillent bien me dire leur problème. Ils font le tour de la quatre roues (à la recherche de marques de collision , je suis déjà à me faire un beau scénario. Pour moi je n'en fais pas partie mais eux m'y voient bien

- Où est votre vignette?

- Elle n'est pas collée? l'Homme est sympa mais il demande un peu de participation : coller le petit carré sur le pare brise à droite!

Il y en a deux ou trois mais justement pas celle qu'ils veulent voir.

- Elle doit être dans mes papiers!  et je mets en cause L'Homme bien sûr.  Je n'ai plus la voiture rouge qui les rendaient fous chaque semaine et  moi  aussi par la même occasion, je ne sais donc pas du tout si j'ai et où sont bordelisés rangés ces sésames....

Tout est en règle , ils n'ont pas trouvé de contrôle technique non fait,  ni de pneu trop usé mais ils semblent dépités. Leur tête en atteste.

Ils me signalent que je n'ai pas le droit de laisser sur la pare brise, les vignettes des années précédentes et décident de m'obliger à les décoller.

Et ce n'est pas une blague.  J'ai dû, sous leurs yeux, décoller toutes les vignettes qui avaient bien adhéré avec les coups de chaleur des étés. Des voitures me croisaient goguenardes étalant leur Séries bien affichées sans que cela ne dérange ces deux messieurs visiblement plus intéressés par mon dynamisme manuel.

Des infirmières quittaient leur services et s'exclaffaient devant ma mésaventure. Je suis arrivée en retard,  la moitié de l'ongle du pouce bien élimé !

De meurtrière, je suis devenue  manucurée , d'aucun de ces deux états je n'avais eu le choix.

Parano, je vous dis!