Récemment j'étais dans une région où passe un des chemins de pélérinage. Un lieu d'accueil a été mis en place en accord avec la paroisse et des bénévoles qui se relaient chaque jour pendant deux heures pour ouvrir l'accueil et leur donner quelques info sur les lieux, les alentours, la route pour le lendemain.

p_lerinsConnaissant un peu l'état d'esprit du pélerin, j'ai proposé mes services pour soulager  les bénévoles pendant quelques jours. Cela me  plaisait  de retrouver cet état d'esprit et de ressentir leurs efforts,  leur fatigue  et éventuellement de les aider.

On rencontre ainsi toutes les facettes de l'individu

Le respectueux: Bonjour madame, c'est bien ici....

L'épuisé: Les yeux lui sortent de la tête, il est rouge comme un écrevisse (soleil et efforts), délicatement il tente de retirer son sac à dos, qu'il pose plutot sur des escaliers (moins d'effrots que pour le descendre au sol) un bonjour dans un sourire fatigué et on l'invite à s'assoir et à boire (eau ou eau plus sirop, un peu de sucre ne fera pas de mal car on peut se demander s'il a manger suffisamment)

Le sportif: C'est lui qui vous accueille parce qu'il est parti avant les autres lui, qu'il marche plus vite que les autres (vous avez déjà marché en promenade avec un gaillard de 2m de haut ses gambettes font donc au moins un mêtre vingt, avec votre petit mêtre vous pouvez en aligner des pas pour le suivre. Par nature il applique avec efficience l'adage du moindre effort pour le même résultat par comparaison avec moi.) Il a de l'entrainement lui et 30 bornes à pieds ce n'est rien pour lui , il peut en faire le double. Il n'attend que sa couche pour y déposer son sac et partir en goguette dans la ville pour faire les visites que son guide lui aura  suggéré

Le filou: Parfois en couple avec un sac à dos  qui tranche pour celui qui a l'habitude avec celui des vrais  marcheurs, tout sonne faux dans son attitude même s'il en fait pour montrer qu'l est fatigué. Les réponses ne sont pas nettes. Le dernier en date , un couple, le monsieur voulait faire connaitre la ville à sa nouvelle conquête ...à moindre prix! Démasqués ils sont allés ailleurs.   

Le couple habitué à la marche: Bonjour, merci de nous accueillir, c'est ici qu'on montre  la crédencial pour avoir le tampon. C'est à quel étage? Où est le magasin le plus proche?  Demain dans quelle direction devons nous aller? On a déjà fait le chemin d'Arles, de Vezelay ...

Les copains de chemin: Ils arrivent ensemble mais aux réponses on sent bien qu'ils ne se connaissent pas vraiment. En fait ils marchent ensemble en fonction des moments et s'attendent pour le soir afin de partager leurs achats, leur repas préparé en commun et leur soirée. Au niveau du coucher quand c'est possible il se choisissent des lits qui ne sont pas proches l'un de l'autre.

Les beaux qui ne le savent pas: qui ne sont  pas nécessairement des Bernard Giraudeau mais dont le regard est d'une profondeur et d'un brillant captivant d'énergie, de beauté intérieur que c'en est un bonheur de passer ce moment à attendre et à accueillir ces personnes de passage

Les impatients: Aussitôt arrivés il s'agit d'aller à l'essentiel, un tampon, quelques renseignements pour la chambre, leur demande implicite: fichez moi la paix j'avance.

Les "moi je": ils ont tout vus , connus, savent tout. Tout leur est dû parce qu'ils ont décidé de marcher et que cela porte le nom de péléreinage donc les curés se doivent d'être à leur service. Ils tombent sur un hic avec moi!

....accueil

Belle expérience! Cependant, il faut que les pélerins sachent que ces sanitaires (douches toilettes), cette cuisine, ces  lits  ( drap sur le matelas et oreiller) sont mis à leur disposition par des bénévoles grâce à la paroisse qui dispose de ces locaux. L'ensemble  est entretenu gratuitement par des bénévoles que j'admire car autant je veux bien donner de mon temps ponctuellement autant j'ai du mal dans la durée.