Pendant mon enfance dans le haut doubs, chauffer l'appartement était une gageure. Les performances actuelles n'étaient pas encore de la partie. 

Dès les vacances d'été, nous avions notre tas de bois livré par la commune (je ne connais pas plus de détails). Un monsieur arrivait avec sa machine qui m'impressionnait parce que je la trouvais tellement dangereuse. Sa grande scie tournait pour couper en trois les bûches d'un mêtre.

Parce que j'ai toujours pensé qu'une nènette devait se débrouiller un maximum toute seule, je devais apprendre un maximum de choses: par exemple, fendre le bois.

Je me vois poser bien précautionneusement le morceau de bois sur le billot, prendre la hache et d'un coup venant du haut associé à un mouvement du corps qui donnait de la puissance, et liberer ainsi les deux parties qui s'effondraient de chaque coté. 

Plaisir de l'empiler de manière à ce qu'il y ait le moins d'espace possible entre eux, que les morceaux s'épousent les uns les autres, que le tas tienne bien , qu'il soit harmonieux à regarder! J'ai même découvert sur le net , un arbre tas de bois, étonnant

arbre_tas_bois

http://www.laboiteverte.fr/un-arbre-dans-un-tas-de-bois

Je n'ai pas le souvenir de trouver cela dur ou difficile. J'étais dans l'apprentissage et donc un plaisir vraisemblablement. Être en responsabilité confère des obligations et de la longueur qui changent la donne.

Depuis cette période , je suis comme en sécurité avec des stères de bois qui attendent de sècher ou d'être coupé. Jusqu'à ce que le hangar à bois rende l'âme nous avions toujours la réserve. 

Avoir mon tas de bois dehors ou coupé dans le bûcher est une partie de mon sentiment de sécurité. 

Ce qui étonne L'Homme, comme quoi nous sommes vraiment le résutat de notre vécu qui lui-même alimente le présent pour créer de nouvelles empreintes en nous qui participeront à nos décisions futures.