La nature est bien agréable , le chien en profite.

Dans la forêt  en semaine on voit et entend les tronçonneuses qui jouent leur symphonies hivernales après les gelées quand le bois est prêt à donner le maximum. Il est né au milieu d'une foison de possible naissances, s'est fait une place pour chercher les rayons du soleil, a grandi au fil des années puis un beau jour il ne sait pas pourquoi, un gugusse dit "spécialisé en eaux et forets"  a tracé à la peinture orange un signe sur son tronc qui définit son devenir . 

De gros troncs entiers peuvent partir sur place dans une broyeuse qui fait une bruit infernal pour couvrir les pleurs de l'arbre ...et finir en copeaux alors qu'il avait résisté à toutes les tempètes, qu'il avait gagné la bataille de la lumière. Tout ça pour aller directo dans la chaudière de certains qui se disent écolo après la transformation des copeaux sont  en granulés . Ecolo?

D'autres sont débités en troncs d'un mètre (pour faire les stères bien sûr) qui seront ensuite fendus par la machine qui developpe une pression incroyable (ne pas y laisser les doigts) pour partager le tronc en autant de morceaux décidés par l'homme de l'art, empilés d'une façon très précise puis une trace orange montre la finalité première du traitement de l'arbre abattu.

Car c'est bien un art. Dans la manière de prévoir la chute, de tenir sa tronçonneuse, de faire la première coupe horizontale puis la seconde un peu oblique pour rejoindre la première , ce qui va déséquilibrer l'arbre et le laisser tomber... comme prévu (le bûcheron le souhaite) mais il regarde toujours le tronc , la cime, il écoute ce que le bel arbre lui dit. Car parfois l'arbre peut montrer son mécontentement et tourner sur lui même de façon plus ou moins complète . C'est là qu'il rugit méchamment et qu'il s'agit de le laisser vivre sa colère en lui octroyant l'espace dont il a besoin. Pour cela tout autour du bûcheron, l'espace doit lui permettre de partir très vite, sans obstacle en lâchant au besoin son précieux outil. 

C'est bien un art car sans mesure tous les morceaux mesurent un mètre de long.

C'est bien un art car ces troncs sont parfois très gros et lourds, les porter exige une maitrise de son corps et de l'espace pour garder un dos, des muscles , des tendons et des doigts performants.

C'est bien un art car les tas en stère sont non seulement particulièrement bien stables mais aussi très beau à regarder. 

Et ce n'est pas fini... quand le bois arrive près de mon fourneau le bûcheron l'aura touché sept fois!

En balade en forêt le cabot de L'Homme s'en donne à coeur joie en courant de-ci de-là. Il revient crotté et son maître passe plus de trente minutes à lui rendre une apparence viable dans la maisonnée. 

Je n'ai pas encore cherché à savoir si c'est une dérive de notre chien , mais notre colley est un chien débardeur. Il passe son périple en forêt à ramasser des petites branches et à nous les apporter. Je l'ai même vu s'attaquer à une petite racine qui dépassait sur le chemin et l'arracher sur cinquante centimètres. Parfois devant l'entrée je trouve des branches... il  fait le ménage sur la propriété! J'aimerais qu'il soit alors plus efficace parce qu'il pourrait au moins le mettre en tas, il ne me resterait plus qu'à faire le feu! Quel cabot! Son maître en est gateux!

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