"Oh! Ici, c'est la maison du bon dieu" me disait souvent une dame.

"Allo, est ce que tu pourrais nous dépanner..., est ce que tu aurais une chambre libre..., est ce que tu pourrais accueillir...?"

Une jeune norvégienne a passé une année scolaire , un colombien également.

A présent il y a une chambre où je ne peux rentrer qu'obligée et en faisant moultes efforts pour ne pas me laisser envahir par l'émotion. 

A présent le téléphone sonne beaucoup moins, mais pour moi c'est tellement difficile de m'exprimer par la parole et l'échange verbal...

A présent les visites existent mais n'ont plus ni la même légéreté, ni la même fréquence qu'auparavant...

A présent l'entretien de la maisonnée m'envahit sottement mais  la lutte contre la folie envahissante de la nature est chronophage et n'est plus partagée...

A présent le courrier se fait plus sérieux : impôts, factures, pub... il est vrai que les mails et les SMS remplacent les échanges épistolaires que j'aime beaucoup car une lettre se touche, se lit, se relit même plusieurs fois et j'y trouve à chaque fois une autre information, une autre intonation, une autre finesse...et pour ce qui me concerne se garde. Elle est le resultat d'une action  décidée, pensée, réfléchie, travaillée.

A présent...la maisonnée malgré ma présence et celle des Numbers très attentifs et attentionnés a comme perdu son âme.

Elle est redevenue une maison. Elle est à vendre.