Quand les visites sont passées , quand les lettres n'arrivent plus , quand le téléphone ne sonne plus, quand les mails se font très rares, quand chacun est retourné à lui même avec sa manière de vivre sa peine, son chagrin, quand l'Absence se fait envahissante, quand l'activité extérieure marque le pas, la maison et le coeur sont bien vides et seul le cerveau se remplit de la répétition des films tout récents, des séquences émotionnelles encore prégnantes alimentant en larmes par vagues incontrôlables le visage defait qu'on tente de garder sociable au cas où, par du rimmel waterproof.
Et puis vous remarquez que tous les jours sans exception, un mail est là, présent, vous rappelant que vous existez , que vous êtes dans le monde des vivants. I  fait lien à ce que la vie procure aux autres.
Pendant tous ces mois, une de mes belles soeurs a eu cette délicate fidèlité de m'associer à son quotidien, à ses activités, à son vécu, de me relier à la Vie dans ses échanges même banaux de notre journalier.

Et puis tandis que la distorsion du temps se complait à me laisser fin 2013, je ne sais pas comment cela m'est venu, pendant un voyage la semaine dernière je lui ai redonné sa liberté, oh je ne suis pas sûre qu'elle vivait ces échanges comme une contrainte mais je lui ai donné la liberté de peut-être aller vers quelqu'un d'autre qui pouvait en avoir plus besoin que moi actuellement ou de penser à moi , à nous autrement. Tous les soirs quelque soit l'heure je répondais , ce n'était pas une astreinte mais une suite toute simple de ma journée comme quand on se pose, après s'être abrutie d'activités parfois totalement inutiles dans l'absolu, mais tellement importantes pour l'esprit afin de  lui éviter de penser ou de partir en vrille.

Ensuite le plus souvent épuisée, les paupières n'hésitant pas à dire leur profond désarroi devant mon obstination je  ne rejoins mon lit que quand elles n'en peuvent plus de lutter pour respecter ma volonté.

Alors à cette belle soeur, même si j'ai l'impression de passer beaucoup de temps aux remerciements, je lui dit mon plus grand MERCI pour cette délicate présence pleine de finesses et d'une fidèlité sans faille.