Je viens de lire une magnifique texte d'Alainx qui parle au plus profond de mon être. Qu'est ce qui nous relie aux autres? pourquoi la première fois que je revois quelqu'un qui nous a connu ensemble, je suis mal à l'aise envahie à nouveau par cette vague géante de chagrin? Pourquoi la deuxième fois c'est déjà différent?

Et puis je suis beaucoup plus attentive à ceux qui ont un passé similaire au mien, d'emblée en les voyant je revoit le drame comme s'il leur était une aura.

Pourquoi la première fois que j'ai dû aller dans notre hyper et que dans l'entrée j'ai vu un couple se donnant la main est montée une violente colère en moi, de la jalousie peut être, mais je n'en suis pas sûre car ce n'est pas dans ma nature.

Jusqu'à la terrible nuit je ne comprenais pas pourquoi cette dame qui avait perdu tragiquement un fils ne sortait pas, s'habillait de noir tout le temps. A Présent je ressens ce besoin ou cette envie de repli sur soi pour rester figer dans l'instant de la dramaturgie. Mais n'est ce pas la crainte du   regard des autres qu'on  sent nous figer dans notre malheur?

Peut être bien que c'est la réalité car mon copain dont l'épouse est partie elle-aussi mais après tant de souffrances a trouvé une compagne et certains sont un peu acerbes avec lui. Il me semble qu'ils oublient qu'eux même s'ils furent profondement attristés par cette séparation  ont repris leur vie.....  comme avant , lui, pas du tout. Cette dame est une nouvelle lumière à ses cotés, une nouvelle énergie, une nouvelle dynamique.Il est le premier à me dire "je l'ai rencontré trop tôt" mais je lui reponds : "si tu a accepté cet échange nouveau c'est qu'il venait à point".

Tout cela pour parler des autres dont je crois lire dans le regard cet instant dramatique. Alors que je dois avancer, ressentir à nouveau la beauté du ciel bleu, du ciel mouvementé par de multiples nuages, par la foret qui prend des couleurs différentes selon l'heure du jour.

Et l'autre jour à une réunion est revenu un copain  qui, lui aussi, a vu son épouse partir d'un cancer du sein, cela faisait des mois et des mois qu'il devait se terrer. Il a retiré son alliance.

Mes mains me définissent ("de pianiste" me disait le postier quand j'étais petite, il était l'organiste de l'église mais il exagèrait) : une alliance pour nos vingt ans de mariage, une alliance offerte par chacun des Numbers car j'avais perdu la vraie du mariage , un caillou de la foire fouille offert par L'Homme et les trois Numbers et l'alliance avec caillouX de foire fouille (dixit les garçons) pour les naissances , cela à gauche. A droite une bague que je me suis offerte car elle me plaisait infiniment et que je voulais assumer  tant par le choix que par son financement. L'amoureuse, la mère, la femme et.... l'indépendante.

J'ai toujours regardé les mains, elles parlent tellement mais ce n'est pas ce qui fait ce lien indéfinissable pour moi mais qu'Alainx sait si bien traduire.