La maisonnée est certainement le parfait reflet de ses habitants et plus encore de ma petite personne car je crois bien que j'ai à peu près tout décidé de ses  modifications , de ses aménagements.
L'Homme me faisait une confiance totale. Je ne me serais jamais permise de passer à l'acte pour quoi que ce soit sans avoir son avis. Son avis était toujours pertinant et synthétique. Il devenait aisé d'agir.

Hier soir il faisait beau j'étais au téléphone. Dans l'après midi, en rangeant j'avais trouvé  une torche qui fonctionne au Kerdane. Chance, dans mon rangement j'avais vu un flacon de ce produit. La future lumière à pétrole est alors  installée dans un gros pot dont les agapanthes laissent un peu de place au pied de la torche.

Pendant que j'écoutais plus que je ne parlais, mon regard s'est baladé tout autour de moi,  sous un magnifique ciel bleu nuit , la torche vacillait un peu sous le zephyr nocturne. Je revivais les décisions pour telle construction , tel aménagement comme le choix de dalles et pavés et non de bitume devant l'entrée de la maisonnée, la plantation de tel arbre plutot que tel autre, les vicissitudes aratoires pour garnir un espace de fleurs où aucune ne souhaitait s'établir alors qu'à présent les fraises sauvages ont envahi le lieu et m'ont régalée il y a peu.

Ces trois rosiers représentant chaque enfant plantés par Number One. Etonnant, l'un d'eux a toujours été magnifiquement épanoui alors que les deux autres sont plus chétifs malgré les soins apportés par Number two qui, parfois, va leur parler. Une glycine avait été planté par Number Two mais elle était tellement envahissante que nous avons dû nous en séparer. Le jasmin planté, lui, par Number Three envahissait de bonheur le toit du garage. Une sévère taille lui a été fatale.

La disposition du garage et le tracé du chemin avaient été très pensés pour répondre au cahier des charges que nous nous étions fixé.

Une décision nous a étonnés des années plus tard. Une lumière: pourquoi ne pas faire une terrasse juste au niveau de l'accueil au lieu de ces quelques dizaines de centimètres de dalles . Les Number auraient certainement eu encore plus de plaisirs à prendre des virages serrés en vélo.

il m'est venu l'envie de passer, ce matin, le thermique sur les herbes qui poussent entre les pavés sur le chemin. Mais pourquoi avons nous eu ce choix si chronophage pour garder civiliser les espaces entre ces fichues dalles??

La réponse m'a fait bien rire: Sans le formuler nous sommes écolos. Il me faut expliquer: l'urbanisation à outrance fait que les pluies normales ou exceptionnellement normalisées actuellement  ne sont plus drainées par les sols . Que ce soit par le bitume, le beton, l'abattement des arbres qui retiennent la terre imbibée , par le drainage des grandes ou petites parcelles de terrains, tout est fait pour concentrer l'eau du ciel rapidement sur les routes ou sur les chemins pentus ou les zones favorisant le ruissellement. Nous avions donc choisi des pavés pour que l'eau s'infiltre plutot que de partir directement drainée par du bitume sur la route. Bêtise??? ou non? Je n'en sais rien. Je sais seulement que cette décision, plusieurs fois par an, me prend un peu de temps pour partir à l'assaut de gente nature par l'intermédiaire de la mauvaise herbe , du plantain , etc... en fonction du moment de la saison. Oh je ne les laisse jamais m'envahir mais il m'arrive de maugréer sur ma décision.

Cela ne m'a pas empéché de profiter avec Bonheur de ces quelques instants sur le banc à admirer mon lieu de vie depuis bien des années . Si j'avais pu le partager......