Une dizaine de mois dans cette ville m'a permis de penser que je pouvais m'installer ici. J'étais partie un peu comme une voleuse... Comment dire au revoir à tous ces gens qui avaient jalonné ma vie d'avant alors que je venais de passer  trois mois à vider la maisonnée de 9 heures  à 21 heures, maisonnée qui n'avait plus raison de faire partie de ma vie et même de porter ce nom. J'étais lessivée , épuisée physiquement et moralement. Partir , aller vers une création même si j'allais avoir une quantité de décisions à prendre.

Où aller? Simple! Je voulais du ciel bleu , du soleil, de la mer, un aéroport et une gare TGV pour aller vers les Number.
Au début je cherchais un appartement qui permette aux Numbers de passer des vacances en famille à moindre frais mais la rencontre fortuite en Janvier d'une personne qui a agi sur ce type de réflexion m'a influencée. Ses enfants sont venus la voir mais jamais en vacances "c'est trop petit"

Instantanément j'ai changé d'orientation pour ne penser qu' à moi. Trouver un appartement dans un univers universitaire, avec des musées, des cinémas, une vie sociale potentiellement riche ..

Mercredi j'avais rendez vous pour la signature de l'acte. J'étais terriblment mal à l'aise, j'avais une irrépressible envie de pleurer. Le notaire n'aurait pas compris, d'ordinaire les gens qui achètent sont heureux. Il me manquait Celui qui avait si longtemps été à mes cotés apaisant mes craintes, me stimulant, magnifiant  mes idées ou les atténant.. J'étais un peu dans un univers surnaturel tant ce moment me figeait dans mon statut de celle qui est seule.
Seule. ce mot est terrible. Acheter seule est une épreuve.

Le notaire m'offre une bouteille dans un sachet cadeau. Je me contente d'un "Merci Monsieur" J'étais ailleurs. Il a dû se poser des questions!!!

Bien sûr je suis projetée vers les petits travaux à faire , l'installation de la cuisine (décidément je deviens une spécialiste des cuisines), le déménagement, la canicule...

Pendant l'acte mes pensées étaient vers L'Homme qui vogue sur les mers comme il l'avait souhaité.

Vider le meublé par plus de 40 degrés était quelque chose!!! qui me ramenait au coté pratique de ma vie.