Pendant 4 jours j'ai déserté.

On pouvait me trouver parmi 31 petits bouts de choux de 4 à 5 ans qui découvraient la campagne , la ferme, la traite des vaches, la montée sur des poneys, le travail du maréchal-ferrand qui doit avoir des enfants en bas âges tant il savait adapter son langage à ces petits restés émerveillés pendant tout le temps de sa démonstration. On pouvait donc me trouver à chercher le bon moyen d'avoir toujours un oeil sur mes protégés . Nous nous partagions l'ensemble des activités à 5 adultes (ils sont deux en temps normal à l'école!)

Pas une seconde, il ne faut relâcher la surveillance, il y en a toujours un pour partir dans le pré, ou pour trouver une fleur pour papa (si!  si! messieurs) ou.....

Et j'avais en plus un petit bout absolument ADORABLE qui n'a pu marcher , pour plein de raisons que je ne veux pas connaitre, que depuis à peine 6 moisIl est le bonheur incarné, Ses magnifiques yeux bleus toujours rayonnants de bonheur et son sourire craquant. On a l'impression qu'il découvre la Vie et que tout pour lui, est à prendre.

Toutes mes propositions étaient acceptées pour le jeu , pour le coucher (je ne l'avais pas à ma table!). Il était toujours à filer à droite et à gauche même s'il écoutait très attentivement toutes mes informations et me disait "Ouich'" avec son sourire craquant, ses yeux si éblouissants d'intelligence. Ce qui est étonnant également pour moi, c'est que les autres enfants le protégeaient ou s'occupaient de lui avec attention . Je ne l'ai entendu dire NON qu'aux seuls enfants. Quel bonheur d'avoir ce petit si rayonnant. 

Le soir quand tout le monde dormait: quel OUF. A peine un petit instant pour prendre une douche express, des fois qu'un petit se réveille pendant ces 3 minutes. Bon! La surveillance continuait: entre les toux, les cauchemars, les chutes du lit ("ai tombé " me dit le petit bout adorable à 2h du matin) Nuit en 4 à 10 épisodes!

Et toujours cette crainte terrible de la blessure que les parents nous accuseront d'avoir, certes pas favorisée bien sûr, mais pas suffisamment évitée et pourtant il faut bien leur permettre de bouger à ces loulous comme je les appelais. Ils ouvraient de grands yeux étonnés quand je m'adressais à eux  ainsi!

Un  vrai plaisir..... cependant .... parfois nous  nous demandions comment nous nous appelions nous mêmes!

et une confidence ...:

A moi...aucun parent n'a dit "Merci " .

J'espère qu'ils l'ont au moins dit à la maitresse qui avait ce lourd séjour sur les  épaules

(on en reparlera au debreafing)