Arrivée par le ferry au petit matin après une nuit tranquille en cabine. Bastia est libre de toute circulation et je peux donc prendre possession de la ville dans ma petite carriole (je dis petite car je l'ai bénie plus d'une fois sur les routes corses). Je pars ensuite à la découverte du cap corse car j'ai un circuit qui fait qu'étant vertigineuse je dois impérativement rouler dans le sens des aiguilles d'une montre. Comme je veux couper une ou deux fois à l'intérieur du doigt je commence par monter un peu coté oriental.
Le ciel est menaçant, il est près de 17h j'ai pas mal vaguenaudé et je suis perplexe. Selon mes repères un ciel pareil signifie qu'il va pleuvoir un maximum et pendant un jour au moins. A la station service une dame se moque de moi en disant "alors ici ce serait la mousson". Je rejoins le camping prévu mais il commence à pleuvoir. J'attends... et je ne veux pas mouiller ma tente pour la première nuit ce serait le bazar dans ma voiture pour la faire sécher (toujours selon mes repères!!!) . Je finis par quitter les lieux et chercher un hotel. J'en trouve un au tarif d'un formule1. Quand je sors pour aller chercher mes affaires pour la nuit.... le soleil est radieux!!!

Le lendemain matin,  je porte un pantalon en coton jaune bien fluo (enfin presque). J'avais repéré un endroit avec une terrasse bien ombragée en bord de mer où ils servaient un petit déjeuner pour 5€ si je me souviens bien. Les chaises sont en "raphia' tressé noir (c'est la mode) je regarde avant de poser mon postérieur et m'installe tranquillement. Une sensation humide me relève d'un bond. Une grosse tache violette éclaire en contre jour le haut de la jambe droite du pantalon. "Quoi? ils pourraient nettoyer les chaises quand ils desservent les tables" me dis-je. Je vais donc vers la dame installée derrière  son comptoir en lui demandant une éponge mouillée d'eau pour nettoyer mon pantet. "Oh ce n'est rien, ce sont des mûres, on a l'habitude". Je réponds "des mûres? mais mon pantalon est fichu". Elle dédaigne complètement mes dire. A mon retour, le pantalon jaune a toujours sa tâche que j'avais moulte fois tentée de faire disparaître. J'avais encore un espoir car j'apprécie ce futal: le lait. La tache  y passe une nuit totalement immergée  et.....  les petits enzymes gloutons ont tout avalé! En fait ce ne sont pas nos mûriers à nous qui donnent ces mûres mais ceux des vers à soie!!

A Pino, je dois remonter vers le nord. Soudainement je me retrouve avec un mur bleu devant moi: la mer . J'ai donc un virage  à prendre                                                                    

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à gauche à 90° sur une route où les voitures peuvent se croiser à condition d'avoir la taille de la mienne. A droite la mer avec un précipice de ... je n'ai pas mesuré mais c'est haut, et à gauche le rocher. Instant suprême de terreur pour moi. "Tu respires puisque tu n'as pas été capable de bien regarder les affiches...( je n'avais pas utilisé le GPS!), tu respires, tu respires" et cela pendant près de 20 km. Je roule à 20km/h, pas une fois je fus doublée, j'avais plaisir à voir ma route ouverte par une voiture devant moi mais ces filoutes avaient le culot de se mettre dans les petites zones de garage pour laisser passer les iliens plus à même d'y être à l'aise et je me retrouvais seule. J'en concluais qu'ils allaient encore plus lentement que moi ou que plus téméraires,  ils voulaient admirer les lieux. Les motards semblaient prendre plaisir car ils étaient nombreux à prendre des photos ou simplement à regarder ce qui avait un effet négatif sur moi puisque le vertige revenait. Quelle gourde! De toute façon, si quelqu'un avait voulu que je lui laisse le passage il m'aurait été  impossible de me garer très temporairement sur les zones prévues car trop près du précipice!!! Au premier village Canari je suis allée admirer le site , ai bu un diabolo-menthe à 2€30 pour me refaire une santé. Au bar, les gars, interrogés sur le kilomètrage qui me restait dans ces conditions, se sont largement gaussés de mes états d'âmes. Comme j'étais au milieu du problème j'ai préféré continuer plutôt que faire demi tour. Je n'aurai pas vu la pointe du cap!!

 

 

Sur le routard à Bastia, je lis qu'un monsieur a construit, en miniature: environ au 30 ème, un village corse et je me dis que je vais y aller. Le syndicat d'initiative ne semble pas trop enclin à m'aider sauf à me dire c'est dans l'enceinte de la citadelle. En gros demerdes toi ma cooctte! Tu parles quand tu y es... Je reprends le Routard et lis mieux ses écrits. Je comprends qu'il faut descendre tous les escaliers pour aller dans la poudrerie. Oui, d'accord mais à quoi ça ressemble ce batiment à l'heure actuelle. Je tombe sur une crêche avec pleurs et rires des petits,  mais obstinée (puisque la bible l'a écrit) je continue de descendre pour tomber sur un monsieur qui nettoie les abords de son entrée. Pas de grande affiche, pas de grand panneau, une toute petite info. Eh bien, cet ancien marin, passionné par ce qu'il a produit de ses mains, reste un peu prisonnier de ce travail superbe. Il a eu les honneurs de presses voire de télés étrangères mais nul n'étant prophète en son pays, il semble bien abandonné au milieu de ces pierres par les décideurs du tourisme local. 

On vient de me dire que je suis imprévisible parce que je pars à la découverte de la Corse seule et en camping... Pour eux c'est comme un gag. Ah Bon!